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De la conscience

De la conscience

Les mutations et l’évolution sont profondément liées à la conscience. Mais qu’est-ce que la conscience ?

Nous devons l’envisager au sens philosophique comme au sens scientifique, car les deux sont inséparables pour une compréhension de l’humain. Essayons de trouver une définition qui satisfasse autant la médecine, (psychiatrie, psychologie et psychanalyse), que la philosophie de l’esprit, de l’action et du langage.

La prise en compte du changement de paradigmes, le : « Tout est vibratoire, géré sur le plan fréquentiel dans les trois états de la matière », nous amène à regarder l’émergence de la conscience selon les termes employés dans le traité d’étiothérapie.

Cette manière de regarder de façon « subquantique » met en évidence le fait que la conscience n’a pas de lieu ni topographique, ni anatomique même si d’après JP Changeux l’espace de travail neuronal constitué de neurones momentanément coactivés forment le siège de la conscience. Nous regarderons plutôt avec S. Hameroff, le cerveau comme organe à travers lequel la conscience se manifeste mais qui n’est pas ce qui produit la conscience.

Orientons nous plutôt vers une définition de la conscience comme sensation, comme conscience du monde, comme une conscience phénoménale (La phénoménologie étant l’analyse du vécu du phénomène) et comme une conscience comme « savoir de soi », perception immédiate de la pensée ou aussi sentiment de soi impliquant l’expérience inconsciente.

Pour Husserl, la conscience ne peut être décrite indépendamment des objets qu’elle appréhende car toute conscience est conscience de quelque chose (lié à l’incarnation). Cela suppose un effort d’attention (implication avec soi-même), concentration structurée par l’expérience de l’entendement.

Nous relierons plus volontiers notre définition à la première topique freudienne définissant la conscience, le préconscient et l’inconscient. Ces trois états définis peuvent l’être dans une conscience étant une compréhension dans le corps (trois états de la matière), conscience sensible, sensorielle et phénoménologique. Cette conscience est l’émergence à la compréhension d’une partie préconsciente et d’une partie inconsciente grâce à l’expérience phénoménologique.  Emergence d’une connaissance déjà inscrite dans les tréfonds de nos êtres qui devient conscience à la lumière de l’expérience.

Pour le reprendre en nos termes, nous avons donc l’inconscient, la conscience inconsciente (le préconscient) et la conscience. Celle-ci serait  la révélation et l’appropriation de l’information, elle se révèlerait dans le champ neuronal par un lien informationnel créé par résonance entre des neurones excités conjointement (p22 traité d’étiothérapie). Nous avons affaire à de l’information traitée de façon cognitive qui, de phénomènes engrammés au sens sensoriel, sensible ou phénoménologique, va se révéler compréhension dans l’état psychique de la matière.

Cette conscience de soi, s’accompagne de souvenirs, de sentiments, de sensations et de savoir que nous rapportons à une réalité intérieure que nous nommons moi. Elle est structurée par la mémoire et l’entendement, unité sous-jacente à nos comportements volontaires.

Ce qui parait évident, c’est que nous ne pouvons expliquer la conscience par la conscience car celle-ci ne se suffit pas à elle-même, elle est indissolublement liée au « soi » c’est-à-dire à la personne, à l’être. Comme l’exprime Daniel Dennett en un mot : «On n’aura expliqué la conscience que lorsque cela aura été fait en termes ne faisant pas intervenir le mot ni le concept de « conscience ». Cela met en brèche un aspect des sciences cognitives qui ne voit la conscience que selon un modèle cartésien.

Abordons maintenant la conscience dans son acception philosophique en accord avec ce qui a été défini précédemment. Comprendre dans tous les états du corps nous ramène à la compréhension vraie et complète de ce qui « est » et nous mets en lien avec la dimension intrinsèque des choses.

Il ne peut y avoir de conscience sans expérimentation contradictoire du monde extérieur ce qui signifie sans acceptation à fin de compréhension de l’expérience. Cette conscience est, en quelque sorte, l’intégration dans notre réalité complexe (trois états de la matière) de l’expérience au sens historique. Ce n’est pas l’histoire elle-même qui est conscience, c’est ce que nous en faisons.

Il ne peut y avoir d’évolution sans intégration de conscience, celle-ci fait de nous, à chaque étape de compréhension, une autre personne tout en étant la même, ceci nous montre bien que la conscience n’est pas de la matière mais le moteur d’évolution de notre matière.

P. Latour