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le verbe implicatif

Le verbe implicatif et le verbe explicatif

Termes employés : Affect,  complexité, concept, conscience,  efficience, empathie, énergie, explicite, implicite, information,  opérativité, sémantique, vecteur.

Chers amis,

Beaucoup d’entre vous se posent la question des formes de leur exercice, non l’exercice  appris à l’université ,mais celui de l’expression de l’utilisation de l’étiothérapie avec son patient.

Tout d’abord, et cela a une conséquence implicite* sur le patient,  la relation thérapeutique sur laquelle repose notre acte est fondamentalement énergétique*, informationnelle*.  Elle évite donc tout affect* et toute empathie*. (Une mémoire  n’a pas d’état d’âme.)

Evitons les relations chargées d’affects. L’empathie est un désir égoïque de montrer que l’on a compris,  un reste de relation paternelle dans le cadre d’une relation thérapeutique.  Le patient ressent implicitement cette compréhension par la dynamique qui se produit dans son corps. Il est donc inutile de toucher son patient sauf à prendre une vertèbre ou poser un filtre. La relation thérapeutique est d’autant plus efficace que le thérapeute est neutre dans son attitude.

Envisageons maintenant la définition du verbe implicite ou explicite.  Il est évident que parler du verbe est, de façon première, en parler au sens de la locution et du sémantique*.   Pourtant, dans notre définition  le verbe sera  pris en tant que vecteur*, au-delà de son expression sémantique. Ce n’est pas le verbe avec un grand V de la théologie, c’est le vecteur de transfert de l’information de conscience* de l’un à l’autre, en l’occurrence, du thérapeute à son patient.

Je vous rappelle le « Concept du concept* » de Kant qui signifie que, quand un concept est parfaitement défini, il devient vecteur informationnel. C’est la forme de ce qu’est le verbe en son sens.

Il peut être, dans le cadre thérapeutique, un regard,  ou une simple parole. Nul besoin d’être un mot prononcé, pour être vecteur de sens.

Le mathématicien  R.THOM identifiait  mathématiquement la trilogie de la dynamique de l’énergie, de cette façon :

- le sujet est émetteur, 

-l’objet est récepteur et

 - le verbe est le vecteur du mouvement.

Un verbe explicatif ne fait qu’allumer la lumière pour regarder, le verbe implicatif va nous faire voir ce qui est éclairé par cette lumière.

·  L’explicatif appartient à la part identifiée et comprise de la réalité.  Ce ne peut être qu’une part du réel, c’est-à-dire celle qui appartient à la loi des causes et des effets révélés.

·  L’explicite, prend en compte l’information révélée, alors que l’implicite la montre dans sa forme non forcément révélée. Information qui EST dans tout son sens.  (Selon la loi conceptuelle dans toute son opérativité*.)

·  En dynamique,  l’explicatif  ne fait que mettre en évidence ce qui est déjà formalisé,  c’est-à-dire l’affirmer dans sa réalité immobile et stable.

·  Il se peut que le vecteur n’ait pas, dans son expression explicite, de lien évident avec le sujet. Malgré tout il peut générer si porteur de sens, une dynamique d’évolution.

·  L’implicatif appartient à toutes les conséquences engendrées dans un système complexe* par l’irruption de l’information, conséquences souvent incompréhensibles aux yeux de la loi des causes et des effets.

·  Le verbe implicatif est un verbe de forme particulière qui va, par son sens, induire une action, un mouvement, une dynamique dont les conséquences seront génératrices  d’évolution, de mutation et de compréhension.

·  Un verbe implicite est un verbe opératif*, mais il n’y a pas d’opérativité sans compréhension. Ce n’est pas dans un silence sans conscience que l’action opérative est efficace.

·  Le support d’un verbe implicatif et de toute action thérapeutique est la conscience.

En conclusion, un verbe implicatif est un vecteur (verbal ou non,) générateur  de compréhension, de mutation et d’évolution. Il porte en son sein un sens qui exprime une réalité,  au-delà de ce qui peut être communément expliqué.

Patrick LATOUR

Affect : Etat, disposition de la personne au sens de son ressenti, de ses émotions, ses sentiments et même de sa pensée.

Complexité : Etat d’un système complexe de par sa constitution, comprenant un  ensemble d’éléments en interaction et en rétroaction dynamique selon les lois de la cybernétique permettant l’autorégulation et l’auto-organisation.

Concept : Représentation générale et abstraite de la réalité d'un objet, d'une situation ou d'un phénomène.  Action de contenir au sens abstrait de pensée, conception.

Conscience : Dictionnaire de l’étiothérapie  p86

Efficience : Capacité d’une cause suffisamment forte ou puissante, d’un individu ou d’un système  pour produire un effet

Empathie : Terme didactique de philosophie et de psychologie qui désigne la capacité de s’identifier à autrui, de ressentir ce qu’il ressent : Dictionnaire A.REY.  Dans la relation d’étiothérapie le thérapeute doit identifier ce que le patient ressent au sens informationnel  et non au sens ressenti, même si celui-ci s’exprime avant l’identification.

Energie : dictionnaire de l’étiothérapie p 16

Explicite : Caractère de ce qui est exprimé, rédigé ou énoncé par quelque chose de manière directe, d’une façon claire et précise sur laquelle on ne peut se tromper.

Implicite :Qui est contenu dans un discours, dans une clause, dans une proposition, non pas en termes clairs, identifiés et formels, mais qui se révèle naturellement par induction, par déduction et par conséquence.  Sous-entendu, non formulé, non énoncé en termes explicites.  Ce qui, sans être formellement exprimé est virtuellement contenu dans un fait, une proposition.

Information : dictionnaire de l’étiothérapie  p 29

Opérativité : dictionnaire de l’étiothérapie p 39

Sémantique : Etude méthodique du langage considérée du point de vue du sens.

Vecteur : Sens classique de celui qui transporte. Tout moyen permettant le transfert d’une origine à sa destination.